Street Art in Corti, détail d'une fresque murale
Mais quel est-il ce « réel » dont on parle ?
Celui d’une politique beaucoup trop centralisée et administrativement très structurée. Très verticalisée du point de vue de sa mise en œuvre. Qui prend comme base modale la réalité conceptuelle des filières de production dans leur acception à la fois institutionnelle, organisationnelle, fonctionnelle et en s’attachant à reproduire scrupuleusement ces dispositifs (pensés à l’échelle française et européenne) au niveau régional ou départemental.
Cette technocratie décentralisée est incarnée localement par les organisations syndicales professionnelles dites « majoritaires » (force de proposition cogestionnaire des politiques nationales et européennes), par des institutions représentatives chargées de la mise en œuvre de ces mêmes politiques (chambre d’agriculture, ODARC, comité de massif), par des groupements de producteurs ou d’organisations professionnelles agricoles (OPA) qui ont plutôt comme fonction d’utilité la gestion administrative des dispositifs d’accompagnement technique que l’efficacité technico-économique des actions sur le terrain et par une masse indifférenciée d’éleveurs, jeunes ou ainés, auxquels on se doit d’apporter quotidiennement des réponses individuelles, au gré de l’urgence du moment, mais qui demeurent beaucoup trop souvent palliatives en termes de résultats.
Ce modèle économique hérité d’une conception très productiviste de l’agriculture européenne n’est pas, ou disons n’est plus du tout adapté au développement de nos filières de productions animales. Force est de constater que les masses critiques sont devenues trop faibles, trop étroites, trop distendues pour que l’on puisse imaginer des systèmes économiques sectorisés, spécialisés permettant de créer des effets levier en termes de développement économique.
L’effet d’entrainement de ces politiques publiques ne leur permet plus actuellement de jouer le rôle qui leur était initialement attribué : insuffler, dynamiser, accompagner, démultiplier la création de richesses et sa valeur ajoutée de manière à prouver leur efficience (les chiffres en témoignent). Il faut donc collectivement redimensionner l’échelle d’intervention de manière à recréer de la cohérence, de la cohésion de groupe, de l’efficience socio-économique en ajustant systématiquement les objectifs, les ambitions collectives aux enjeux techniques, humains, environnementaux, économiques et culturels qui s’imposent à nous au niveau le plus local de nos existences.
Celui d’une politique beaucoup trop centralisée et administrativement très structurée. Très verticalisée du point de vue de sa mise en œuvre. Qui prend comme base modale la réalité conceptuelle des filières de production dans leur acception à la fois institutionnelle, organisationnelle, fonctionnelle et en s’attachant à reproduire scrupuleusement ces dispositifs (pensés à l’échelle française et européenne) au niveau régional ou départemental.
Cette technocratie décentralisée est incarnée localement par les organisations syndicales professionnelles dites « majoritaires » (force de proposition cogestionnaire des politiques nationales et européennes), par des institutions représentatives chargées de la mise en œuvre de ces mêmes politiques (chambre d’agriculture, ODARC, comité de massif), par des groupements de producteurs ou d’organisations professionnelles agricoles (OPA) qui ont plutôt comme fonction d’utilité la gestion administrative des dispositifs d’accompagnement technique que l’efficacité technico-économique des actions sur le terrain et par une masse indifférenciée d’éleveurs, jeunes ou ainés, auxquels on se doit d’apporter quotidiennement des réponses individuelles, au gré de l’urgence du moment, mais qui demeurent beaucoup trop souvent palliatives en termes de résultats.
Ce modèle économique hérité d’une conception très productiviste de l’agriculture européenne n’est pas, ou disons n’est plus du tout adapté au développement de nos filières de productions animales. Force est de constater que les masses critiques sont devenues trop faibles, trop étroites, trop distendues pour que l’on puisse imaginer des systèmes économiques sectorisés, spécialisés permettant de créer des effets levier en termes de développement économique.
L’effet d’entrainement de ces politiques publiques ne leur permet plus actuellement de jouer le rôle qui leur était initialement attribué : insuffler, dynamiser, accompagner, démultiplier la création de richesses et sa valeur ajoutée de manière à prouver leur efficience (les chiffres en témoignent). Il faut donc collectivement redimensionner l’échelle d’intervention de manière à recréer de la cohérence, de la cohésion de groupe, de l’efficience socio-économique en ajustant systématiquement les objectifs, les ambitions collectives aux enjeux techniques, humains, environnementaux, économiques et culturels qui s’imposent à nous au niveau le plus local de nos existences.
Pour une échelle territoriale pertinente
L’échelle la plus pertinente, la plus représentative pour la mise en œuvre de politiques publiques ajustées au besoin des populations, c’est désormais le territoire intercommunal. Car c’est la dimension territoriale qui permet historiquement de regrouper dans sa diversité des populations résidentes, des groupes sociaux pluriels et interactifs, des corporations qui partagent une existence commune, des intérêts réciproques, des solidarités qui s’expriment dans une logique d’organisation des acteurs (qu’ils soient privés, publics, associatifs) collective, partenariale et complémentaire. Les pouvoirs publics locaux commencent à comprendre que leur bien-être est intimement lié à un espace plus fondamental que les chercheurs désignent par le vocable « d’écorégion » et qui sous-tend l’instauration à court/moyen terme d’une véritable gouvernance éco-régionale commune.
Cette communauté d’intérêt à l’échelle du territoire est probablement une des solutions qui permettra à l’agropastoralisme de sortir de l’isolement (de sa solitude existentielle), des injonctions contradictoires et surtout de la complexité dans laquelle il a été enfermé. La nécessité de croiser projet agropastoral et projet de territoire est une priorité transversale [1] qui deviendra demain une alternative crédible à la crise de l’élevage. Une reconnaissance à l’égard des spécificités propres à chaque contexte local. Un moyen de sauver l’espace rural en le rattachant aux enjeux de tout un territoire.
Construire des intérêts réciproques entre l’agriculture, l’élevage, le pastoralisme d’une part et les composantes du territoire d’autre part est le meilleur moyen de reconnecter les éleveurs corses aux réalités du monde qui les entourent. En les aidant à dépasser les contraintes physiques (accès au foncier), matérielles (mutualisation des moyens de production), humaines (coopération de travail), économiques (multifonctionnalité des modèles), environnementales (dérèglement climatique et dégradation des écosystèmes). En leur offrant la possibilité de construire de nouveaux modèles (humainement vivables, économiquement viables, socialement équitables) qui fassent la bonne synthèse entre l’économique (la production), l’humain (savoir-faire et compétences), l’environnement (la sauvegarde des ressources naturelles et écologiques), la climatologie (dérèglements climatiques et boucles de rétroactions négatives), l’aménagement du territoire (préservation des espaces pastoraux et respect des grands équilibres spatiaux) on réouvre réellement des perspectives pour toute une profession. On lui donne les moyens d’anticiper et de s’adapter aux changements en associant sa réflexion, son action à celles émanant des décideurs locaux (maires, conseillers communautaires).
Cette prise de décision collégiale, cette gouvernance éco-régionale donnera de la légitimité aux idées et permettra de prendre les bonnes résolutions au bon moment. En procédant de la sorte, on va intelligemment accompagner les éleveurs à s’engager dans un travail collectif de résilience pour restaurer d’une part les écosystèmes très endommagés par l’érosion, la prédation écologique, le surpâturage, le manque d’entretien des espaces pastoraux, la fermeture des milieux, la gestion calamiteuse des ressources et trouver d’autre part les moyens pour que cette nouvelle forme d’agropastoralisme puisse s’adapter, se renouveler, assurer sa nécessaire régénération, indispensable à ses chances de survie sur le temps long.
En réalité « résilience » ne veut pas dire restaurer un état à l’identique car le passage du temps change inexorablement les modèles, les processus, les relations entre les individus et la société. La résilience ce n’est pas un état, une manière d’être ou de vivre dans le monde qui nous entoure. La résilience c’est une manière d’agir sur le monde en respectant les interdépendances quotidiennes qui interagissent sur tous nos écosystèmes biologiques, naturels, environnementaux [2] et dès lors qu’ils sont en adéquation avec les exigences dictées par notre biosphère.
Cette communauté d’intérêt à l’échelle du territoire est probablement une des solutions qui permettra à l’agropastoralisme de sortir de l’isolement (de sa solitude existentielle), des injonctions contradictoires et surtout de la complexité dans laquelle il a été enfermé. La nécessité de croiser projet agropastoral et projet de territoire est une priorité transversale [1] qui deviendra demain une alternative crédible à la crise de l’élevage. Une reconnaissance à l’égard des spécificités propres à chaque contexte local. Un moyen de sauver l’espace rural en le rattachant aux enjeux de tout un territoire.
Construire des intérêts réciproques entre l’agriculture, l’élevage, le pastoralisme d’une part et les composantes du territoire d’autre part est le meilleur moyen de reconnecter les éleveurs corses aux réalités du monde qui les entourent. En les aidant à dépasser les contraintes physiques (accès au foncier), matérielles (mutualisation des moyens de production), humaines (coopération de travail), économiques (multifonctionnalité des modèles), environnementales (dérèglement climatique et dégradation des écosystèmes). En leur offrant la possibilité de construire de nouveaux modèles (humainement vivables, économiquement viables, socialement équitables) qui fassent la bonne synthèse entre l’économique (la production), l’humain (savoir-faire et compétences), l’environnement (la sauvegarde des ressources naturelles et écologiques), la climatologie (dérèglements climatiques et boucles de rétroactions négatives), l’aménagement du territoire (préservation des espaces pastoraux et respect des grands équilibres spatiaux) on réouvre réellement des perspectives pour toute une profession. On lui donne les moyens d’anticiper et de s’adapter aux changements en associant sa réflexion, son action à celles émanant des décideurs locaux (maires, conseillers communautaires).
Cette prise de décision collégiale, cette gouvernance éco-régionale donnera de la légitimité aux idées et permettra de prendre les bonnes résolutions au bon moment. En procédant de la sorte, on va intelligemment accompagner les éleveurs à s’engager dans un travail collectif de résilience pour restaurer d’une part les écosystèmes très endommagés par l’érosion, la prédation écologique, le surpâturage, le manque d’entretien des espaces pastoraux, la fermeture des milieux, la gestion calamiteuse des ressources et trouver d’autre part les moyens pour que cette nouvelle forme d’agropastoralisme puisse s’adapter, se renouveler, assurer sa nécessaire régénération, indispensable à ses chances de survie sur le temps long.
En réalité « résilience » ne veut pas dire restaurer un état à l’identique car le passage du temps change inexorablement les modèles, les processus, les relations entre les individus et la société. La résilience ce n’est pas un état, une manière d’être ou de vivre dans le monde qui nous entoure. La résilience c’est une manière d’agir sur le monde en respectant les interdépendances quotidiennes qui interagissent sur tous nos écosystèmes biologiques, naturels, environnementaux [2] et dès lors qu’ils sont en adéquation avec les exigences dictées par notre biosphère.
[1] Jean-Paul Dubeuf, Martin Vanier, Propositions pour faire face au recul de l’élevage et à la crise du pastoralisme en Corse, Programme PASTINOVA (INRAe, ODARC, CRA), novembre 2025.
[2] Jeremy Rifkin, L’âge de la résilience, Les liens qui libèrent, 2022.
L'âge de la Résilience
Ce changement de paradigme, tant sur le fond (politique) que dans sa forme (approche transversale et de bas en haut) sera salvateur pour le monde de l’élevage, pour l’environnement naturel dans lequel il évolue, pour la préservation de notre biodiversité, pour le maintien et la relance de nos économies locales. L’âge du progrès qui a régné en maître durant plus d’un siècle à offert à l’humanité un cadre général et un grand récit sublimé par l’efficience économique, la course aux économies d’échelle, l’intégration verticale des profits et l’accumulation exagérée des richesses (les huit individus les plus riches du monde possèdent autant que la moitié de l’humanité soit 3.5 milliards de personnes).
Aujourd’hui l’âge du progrès laisse progressivement entrevoir une nouvelle ère que Jean-Michel Sorba a qualifié scientifiquement d’anthropocène [1], et que je renomme aujourd’hui d’une manière moins savante âge de la résilience, en référence à la nouvelle valeur d’avenir que constitue la notion d’adaptativité [2] indispensable à la survivance des espèces, donc par extension en Corse à celle des éleveurs, de leurs animaux, des composantes environnementales et des écosystèmes qui les caractérisent.
Pour synthétiser le propos, on peut retenir de cette démonstration que l’agropastoralisme corse est une valeur identitaire qui a sans aucun doute contribué à fonder ce que d’aucuns ont qualifié historiquement de « civilisation agropastorale ». Au XXIe siècle cette société rurale n’existe plus. Ses vestiges patrimoniaux, culturels, architecturaux évoquent dans nos mémoires un passé lointain, souvent légendé mais très ancré dans notre imaginaire collectif, au point que jusqu’au mitan des années 1950 la Corse et toutes ses pieve étaient économiquement auto-subsistantes (viandes, laits, fromages, farines, céréales, vins, huiles d’olive, légumes, fruits, gibiers, poissons, …). 75% des besoins alimentaires étaient couverts par des productions exclusivement locales [3].
Aujourd’hui l’âge du progrès laisse progressivement entrevoir une nouvelle ère que Jean-Michel Sorba a qualifié scientifiquement d’anthropocène [1], et que je renomme aujourd’hui d’une manière moins savante âge de la résilience, en référence à la nouvelle valeur d’avenir que constitue la notion d’adaptativité [2] indispensable à la survivance des espèces, donc par extension en Corse à celle des éleveurs, de leurs animaux, des composantes environnementales et des écosystèmes qui les caractérisent.
Pour synthétiser le propos, on peut retenir de cette démonstration que l’agropastoralisme corse est une valeur identitaire qui a sans aucun doute contribué à fonder ce que d’aucuns ont qualifié historiquement de « civilisation agropastorale ». Au XXIe siècle cette société rurale n’existe plus. Ses vestiges patrimoniaux, culturels, architecturaux évoquent dans nos mémoires un passé lointain, souvent légendé mais très ancré dans notre imaginaire collectif, au point que jusqu’au mitan des années 1950 la Corse et toutes ses pieve étaient économiquement auto-subsistantes (viandes, laits, fromages, farines, céréales, vins, huiles d’olive, légumes, fruits, gibiers, poissons, …). 75% des besoins alimentaires étaient couverts par des productions exclusivement locales [3].
[1] Anthropocène désigne la force modificatrice des activités humaines qui contribue à transformer la planète autant qu’une force géologique.
[2] L’adaptativité est la manière d’agir au fil du temps par laquelle un individu, une espèce, une communauté biologique s’imbrique dans tous les processus, les modèles, les écosystèmes qui permettent au vivant de s’adapter, de vivre et de survivre aux bouleversements d’une biosphère malade de ses épuisements.
[3] Georges Ravis-Giordani, Bergers Corses. Les communautés villageoises du Niolu, Edisud, 1983.
Nouveau paradigme
Après des années d’errements, de renoncements et d’inconséquences d’origines multiples, le socle identitaire de nos activités pastorales est très fortement menacé. Une des solutions semble passer par une territorialisation effective des politiques agropastorales à l’échelle des intercommunalités. Une négociation habile et pragmatique doit être très vite engagée entre l’Union européenne et sa Commission, l’État membre et son ministère de l’Agriculture, la Collectivité de Corse et son Office du développement agricole et rural (ODARC), afin que des mesures spécifiques d’adaptation territoriale autorisées par les règlements européens permettent de tester objectivement la pertinence de ces mesures pilotes (selon la doctrine du pragmatisme chère à John Dewey) et mesurer ses effets bénéfiques, ses impacts économiques, sociales, écologiques sur le territoire concerné.
Cette approche territoriale n’a pas vocation à dessaisir la CdC et son ODARC de ses compétences statutaires en matière de développement agricole et rural, mais au contraire à créer, dans le cadre d’une plateforme réunissant des compétences pluridisciplinaires, les conditions d’une relance effective et durable des activités agropastorales. Politiquement, cette action devra être pilotée par les communautés de communes dans le cadre d’une gouvernance (vice-présidence) disposant d’un service dédié à l’économie agropastorale.
Les problématiques recensées (faiblesses et menaces à court et moyen terme) ayant très souvent une origine multifactorielle, trois grandes orientations stratégiques devront être priorisées : améliorer l’attractivité ainsi que les conditions de travail des métiers de l’élevage (compétences, savoir-faire, connaissances, …), apprendre à mieux valoriser les productions animales (viandes, produits transformés, organisation de la mise en marché, valeur des produits, coût de production, prix de vente), assurer une maîtrise affirmée de la mobilité foncière en se dotant des outils indispensables à sa réappropriation (accès au foncier, protection des terres agricoles et des estives, préservation des espaces pastoraux, organisation rationnelle de la multifonctionnalité de l’agropastoralisme).
Cette approche territoriale n’a pas vocation à dessaisir la CdC et son ODARC de ses compétences statutaires en matière de développement agricole et rural, mais au contraire à créer, dans le cadre d’une plateforme réunissant des compétences pluridisciplinaires, les conditions d’une relance effective et durable des activités agropastorales. Politiquement, cette action devra être pilotée par les communautés de communes dans le cadre d’une gouvernance (vice-présidence) disposant d’un service dédié à l’économie agropastorale.
Les problématiques recensées (faiblesses et menaces à court et moyen terme) ayant très souvent une origine multifactorielle, trois grandes orientations stratégiques devront être priorisées : améliorer l’attractivité ainsi que les conditions de travail des métiers de l’élevage (compétences, savoir-faire, connaissances, …), apprendre à mieux valoriser les productions animales (viandes, produits transformés, organisation de la mise en marché, valeur des produits, coût de production, prix de vente), assurer une maîtrise affirmée de la mobilité foncière en se dotant des outils indispensables à sa réappropriation (accès au foncier, protection des terres agricoles et des estives, préservation des espaces pastoraux, organisation rationnelle de la multifonctionnalité de l’agropastoralisme).
Un exemple de socle d'actions communes
Un socle d’actions communes constituant la base territoriale de la réflexion doit être imaginé autour de six thèmes majeurs :
- Refondre en profondeur la PAC en recouplant prime et production est la seule voie de passage qui permettra de libérer des espaces pastoraux et d’inciter à produire plus et mieux. Aucun scénario ne peut s’envisager sans cette réforme qui parait aujourd’hui incontournable (recours à une négociation tripartite placée sous l’autorité de l’Union européenne).
- Constituer une plateforme de compétences techniques et partenariale (pluridisciplinaire, spécialisée, mobile géographiquement).
- Permettre aux aux autorités communales et intercommunales de devenir pleinement acteurs et codécideurs des actions en matière d’agropastoralisme (maires, conseillers communautaires.
- Renforcer la formation initiale et permanente et encadrer plus efficacement les problématiques d’insertion professionnelle dans ces dispositifs
- Investir dans la réflexion, les sciences, l’ingénierie, l’évaluation en associant instituts de recherche, Università di Corsica, réseaux d’expertise.
- Réconcilier le pastoralisme et la sylviculture.
Dans un second temps, les particularismes, les spécificités territoriales seront traitées de manière à faire éclore très concrètement des projets immersifs en phase avec les réalités locales qu’elles soient humaines, sociales, culturelles, patrimoniales, environnementales. Les choix sont vastes et prolifiques (accès au foncier, restructuration des unités pastorales, restauration des estives, plans territoriaux pastoraux, développement d’outils collectifs, transfert des aides individuelles à des structures pastorales collectives type groupements pastoraux, marques collectives, …).
Comme vous venez de le lire et comprendre, l’agropastoralisme ne doit plus être pensé comme une légende dont l’image planerait toujours au-dessus de nos consciences comme celle de temples déchus, hérité d’un passé à jamais perdu. Bien au contraire, cet agropastoralisme 3.0 doit revivre, se réinventer, s’assumer dans sa complexité, ses ambivalences. Il doit être envisagé comme un levier de développement et d’innovation territorial. L’important aujourd’hui est de comprendre ce que nous devons faire. De comprendre que le discours sur l’avenir ne doit pas occulter l’urgence de l’action. Il faut agir vite et maintenant, car même s’il y a des incertitudes, la seule manière de s’en affranchir consiste à penser des scénarios du moyen et long terme, de les imaginer, de les anticiper pour mieux les maitriser.
L’élevage, l’agropastoralisme a besoin de nous tous et plus particulièrement des élus de proximité que sont les autorités communales et intercommunales pour faire entendre sa voix, car la légitimité des idées ne résiste pas face aux vacuités du politique.