<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>Robba</title>
 <subtitle><![CDATA[]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.rivistarobba.com" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.rivistarobba.com/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.rivistarobba.com/</id>
 <updated>2026-09-23T04:38:02+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>42.3130863</geo:lat>
  <geo:long>9.1543319</geo:long>
  <logo>https://www.rivistarobba.com/var/style/logo.jpg?v=1609105031</logo>
  <entry>
   <title>Construire et habiter en Méditerranée</title>
   <updated>2026-07-01T19:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.rivistarobba.com/Construire-et-habiter-en-Mediterranee_a545.html</id>
   <category term="CHJAVE" />
   <photo:imgsrc>https://www.rivistarobba.com/photo/art/imagette/97148472-67683118.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-06-27T15:39:00+02:00</published>
   <author><name>Corinne Vezzoni</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
« Que veulent les êtres humains, par essence êtres sociaux, dans l'habiter ? Ils veulent un espace souple, appropriable, aussi bien à l'échelle de la vie privée qu'à celle de la vie publique, de l'agglomération et du paysage » C’est ce que formulait le philosophe Henri Lefebvre en renouvelant la pensée sur le droit à la ville. C’est aussi la conviction qui semble guider l’architecte Corinne Vezzoni, qui partage sa vision de la construction en Méditerranée.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.rivistarobba.com/photo/art/default/97148472-67683118.jpg?v=1782837890" alt="Construire et habiter en Méditerranée" title="Construire et habiter en Méditerranée" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Ceux qui vivent avec le soleil comprennent ce que cela veut dire. <br />  Il ne s'agit pas seulement de l'accueillir. Il faut aussi s'en protéger, tamiser sa lumière, savoir s'en préserver. D'où cette notion d'abri, d'ombre, d'intimité qui, en architecture, se traduit par une forme de pudeur, le refus de tout révéler d'un bloc, sèchement, sans poésie. <br />  Ne pas tout énoncer tout de suite laisse la place à un peu de mystère, donne au projet cette part d'âme dont il a tant besoin. <br />   <br />  Je travaille à Marseille où il y a une relation particulière à la minéralité, à la violence des éléments: violence du vent, de la géographie, de la topographie. Rien ici n'est entre-deux, comme souvent en Méditerranée : rocs blancs à nu, paysage aride. <br />  La végétation pousse avec effort, par manque d'eau, s'accroche à la roche pour résister à la brusquerie des éléments. En développant moins de surface au soleil, elle se protège de la chaleur et minimise l'évaporation qui, en revanche, concentre les essences. Cette idée de protection, de resserrement, de concentration pour plus d'efficacité, ce processus de recroquevillement développe une force qui m'intéresse. <br />   <br />  Cela peut paraître loin du béton et pourtant, cela m'a conduit à l'idée d'épaisseur, de densité. De masse aussi qu'il faut bien sûr ordonner, travailler, cadrer. Pour la rendre plus puissante, plus spectaculaire à mon sens. <br />  La masse, l'opacité préservent le mystère, donnent envie de découvrir ce qu'elles cachent, suscitent la curiosité, stimulent le mouvement. <br />   <br />  Je rejoins là l'histoire de la ville méditerranéenne, de la villa grecque à la kasbah. <br />  Derrière les murs, la vie s'épanouit dans des patios, des cours, se déploie jusqu'aux terrasses habitées, entre ombre et lumière. Les vues aériennes très précises dévoilent encore aujourd'hui ce pullulement. <br />  La matière se creuse, travaillée par une géométrie dont on ne sait plus si elle est naturelle ou savante ou peut-être les deux. L'épaisseur s'excave pour abriter aussi bien les hommes que leurs jardins.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>S’adapter plutôt que s’imposer</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Dans les pays du Nord, les architectes peuvent installer des œuvres spectaculaires, mais la Méditerranée est un territoire complexe et dur, qui nous oblige, nous concepteurs, à nous adapter plutôt qu’à nous imposer. <br />  Ça peut parfois surprendre, mais pour moi, la Méditerranée est un lieu de violence&nbsp;: le soleil est violent et donne une lumière très crue. Les vents sont puissants, dangereux même, comme le mistral chez nous, ou le meltem en Grèce. La topographie est rude&nbsp;: ce n’est pas la douceur vallonnée des collines, c’est de la roche aride qui vient plonger dans la mer, avec cette dualité entre la verticalité et l’horizon. Lorsqu’il pleut, les pluies sont diluviennes et emportent tout&nbsp;: on l’a vu récemment en Italie à Ancone, en Espagne à Valence, ou plus près de nous dans le Gard… <br />   <br />  Et bien sûr, même si elle concerne moins directement ma pratique, l’histoire de la Méditerranée est violente, faite de migrations et de guerres. <br />  Dans ce contexte, je crois que le bâti ne peut que ressembler à la végétation. Les plantes méditerranéennes&nbsp;sont des exemples d’adaptation, on pourrait même dire d’intelligence d’adaptation. Elles s’installent où elles peuvent, et font avec le peu de terre&nbsp;qu’elles ont, naissant souvent au milieu des roches. La sécheresse du climat fait qu’elle sont plutôt ramassées, pas très expansives ni très colorées. Elles doivent économiser leur énergie, et comme leur essence est très concentrée, elles sont par contre très odorantes… &nbsp;Là aussi c’est le contraire des fleurs des pays du nord qui ont beaucoup d’eau, beaucoup de terre et donc beaucoup d’énergie à transformer en couleurs très vives&nbsp;; mais elles ne sont pas du tout odorantes&nbsp;! <br />   <br />  C’est la même chose pour le bâti&nbsp;: dans les pays du nord, on a besoin de soleil&nbsp;donc on fait tout pour le capter au maximum, avec des vitrages immenses, des grandes baies. Ici au contraire, il faut se protéger de la lumière et de la chaleur. Cela a eu des conséquences sur l’organisation sociale et les modes de vie… En Méditerranée, le bâti est comme les plantes, plutôt centré vers l’intérieur, sans beaucoup de percements. <br />  Je pense au bâti traditionnel des villages corses, mais aussi des villes méditerranéennes&nbsp;: la vie ne se montre pas à l’extérieur&nbsp;; on se resserre autour de la cour intérieure, du patio ou du jardin intérieur&nbsp;où la présence de puits, de végétaux voire d’impluvium amènent de la fraîcheur. <br />   <br />  On se trompe quand on pense que les villes de Méditerranée ne sont que minérales. Si vous observez Marseille sur une photo aérienne, vous voyez que de nombreux jardins sont derrière les immeubles. Cachés. Cette part de mystère est encore plus entretenue dans les pays du Maghreb&nbsp;où les percements sont encore moins nombreux et cèdent leur place à des claustra et des moucharabiehs. <br />  On ne retrouve pas ces notions d’adaptation et d’intimité dans d’autres cultures. Dans les pays du Nord pour reprendre cet exemple, on ne peut qu’être surpris par les appartements présentant de grandes fenêtres vitrées qui donnent directement sur la rue, parfois sans rideau, sans que personne ne regarde ni ne se soucie de cette violation d’intimité.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Faire avec ce que la nature proche nous propose</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Pendant des millénaires, construire c’était faire avec ce que la nature nous proposait. En termes de climat, comme en termes de topographie. Ici, les constructeurs s’adaptaient à la pente. Esthétiquement, cela permet des habitats en balcon sur l’horizon, avec de très belles vues pour tous. Mais l’objectif principal, c’était de ne pas consommer de terres agricoles&nbsp;; les villages étaient plutôt sur des pitons rocheux, où on était l’abri&nbsp;et où on économisait le sol. Il était très difficile de façonner cette topographie, mais ils y parvenaient avec le système des restanques, ces terrasses qui permettaient de retenir la terre et l’eau, qui évitaient que le terrain ne soit trop raviné, et qui, en ralentissant le parcours de l’eau, permettait de pouvoir cultiver et nourrir. <br />  Je me bats sur cette question d’économie des sols. Nous, architectes, on peut garder ces pistes, ne pas gaspiller de terres agricoles et se protéger des inondations. <br />  &nbsp; <br />  Pour les matériaux, c’est pareil. Aujourd’hui de nombreux architectes se posent à nouveau cette question de comment faire avec les matériaux locaux&nbsp;: c’est le cas en Corse avec le lariciu, les carrières et mêmes la terre elle-même. C’est important pour les économies de transport, de CO2&nbsp;et de coût, même si pour le moment ce n’est pas évident. <br />  Alors que depuis la nuit des temps, les hommes concevaient et faisaient avec ce que la nature leur proposait, il a suffi d’un siècle pour tout oublier. L’avènement du pétrole bon marché – à l’époque&nbsp;!&nbsp;<span style="text-align: justify;">–</span> nous a plongés dans un mirage de disparition des contraintes&nbsp;: on a cessé de penser le territoire, on s’est étalés, on a gaspillé la terre. On le voit avec les entrées de villes et les zones commerciales qui consomment des terres arables&nbsp;et créent de la perte de surface énorme. On le voit avec les grandes zones vitrées qu’on croyait soutenables quand on pensait avoir de la climatisation pas chère pour toujours. On le voit avec la logique des lotissements où l’on pouvait habiter loin de son travail car l’essence n’était pas chère… on a perdu énormément en un siècle, ça a été très rapide, mais ce n’est pas irréversible.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Construire la ville de demain</b></div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;">Dans mon parcours personnel, c’est la construction d’un bâtiment qui a été charnière. On en fêtait récemment les 20 ans. Il s’agit des <a class="link" href="https://www.vezzoni-associes.com/architecture/archives-marseille-13/">archives et bibliothèque départementales des Bouches-du-Rhône</a>, dans le quartier <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Eurom%C3%A9diterran%C3%A9e">Euroméditerranée</a>. Ce fut notre premier grand concours gagné pour un bâtiment public. <br />  Le conseil départemental proposait deux terrains et suggérait de construire la bibliothèque sur un terrain et les archives sur l’autre. J’ai plutôt proposé qu’on les pose l’une sur l’autre&nbsp;: la bibliothèque au-dessus des archives sur un terrain, et sur l’autre terrain, un jardin public. <br />   <br />  D’abord en termes d’usage du bâtiment, je trouvais que la superposition était intéressante&nbsp;: on pouvait avoir un seul accueil, un seul hall ce qui favorise les rencontres et le travail en commun. Mais ça permettait surtout de créer un jardin. Il a eu tout de suite un énorme succès car il est devenu un îlot de fraîcheur pour des tas de gens, notamment des mamans avec leur poussette qui venaient profiter arbres, des bancs, des roseraies… <br />  Cette configuration nous a permis d’offrir quelque chose aux habitants du quartier qui sinon n’auraient guère pu profiter du bâtiment, les archives étant plutôt destinés à des profils de spécialistes - même si nous avons aménagé un espace pour les habitants à l’entrée. C’est quand même le jardin qui a tout changé. Rétrospectivement, je me rends compte que la construction de ce bâtiment a été une sorte de manifeste. Dans son sillage, je me suis toujours posé cette question&nbsp;de «&nbsp;comment économiser le sol&nbsp;?&nbsp;». Pour toutes les générations qui nous ont précédés, c’était la grande question&nbsp;: ne pas gaspiller de sol, être frugal pour laisser les bonnes terres aux cultures capables de nourrir les villes et villages&nbsp;! <br />   <br />  Il faut renouer avec ces préoccupations, et favoriser l’installation de l’agriculture en ville. En Corse par exemple, la plupart des villes ne s’interrogent pas encore assez sur la présence du végétal. Pourtant ça change tout, pour la fraîcheur et pour éviter les zones inondables. Il y a des opportunités qu’on ne saisit pas suffisamment. A Ajaccio les toponymes des quartiers des Cannes et des Salines indiquent bien les pistes à suivre. <br />  Il faut aussi mieux penser les entrées de ville, qui souvent déprécient la ville elle-même tant elles offrent le spectacle d’une immense désorganisation du bâti. Ce ne sera pas simple mais il faut se demander comment rattraper le coup. En tant qu’architecte conseil de l’Etat, je travaille sur ce sujet. L’évolution des modes de consommation montre clairement que les grandes zones commerciales vont muter&nbsp;; disparaître parfois ou du moins se réduire. Il faut anticiper ces opportunités. Jusqu’à présent, ces zones se sont développées à plat, ont surconsommé de la surface à plat. On peut refragmenter cet étalement, remettre du végétal et repenser la superposition des usages. Utiliser à nouveau les pentes, les toits. Pour faire des parkings, des jardins. En Corse comme ailleurs, ces territoires vont redessiner la ville de demain. <br />  &nbsp; <br />  <em>Propos recueillis par Vannina Bernard-Leoni</em> <br />  &nbsp; <br />   <br />  <em>Pour en savoir plus</em> <br />  <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Corinne_Vezzoni">Corinne Vezzoni</a>  est architecte, cofondatrice de l'agence Corinne Vezzoni et associés à&nbsp;<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marseille">Marseille</a>. Elle a reçu la médaille d'Or de l'Académie française d'Architecture a été nommée au&nbsp;<a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_prix_national_de_l%27architecture">Grand prix national de l'architecture</a>  et a été nommée architecte conseil de l'état. Elle a notamment réalisé le Lycée Simone Veil à Marseille&nbsp;; Thecamp, camp de base pour explorer le futur à Aix en Provence, le quartier Chalucet à Toulon et quartier Hangouville au Havre Elle a été sélectionnée pour réaliser le futur siège du Grand port maritime de Marseille à la Joliette, Le Phare. <br />  &nbsp; <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.rivistarobba.com/Construire-et-habiter-en-Mediterranee_a545.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Parabole du meublé de vacances pieds dans l'eau</title>
   <updated>2025-08-07T10:18:00+02:00</updated>
   <id>https://www.rivistarobba.com/Parabole-du-meuble-de-vacances-pieds-dans-l-eau_a469.html</id>
   <category term="SUCHJU" />
   <photo:imgsrc>https://www.rivistarobba.com/photo/art/imagette/90152808-63628526.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-07-26T17:32:00+02:00</published>
   <author><name>Tonì Casalonga</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Se promener sur une plage. Y contempler une location touristique héritée d'une autre époque. Une construction des années 1960, agglo et eternit. Une certaine vision du futur, dont le sol s'est dérobé. "Enrochement instable". Tonì Casalonga vous invite à partager ce moment et les embryons de réflexions qui l'accompagnent.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.rivistarobba.com/photo/art/default/90152808-63628526.jpg?v=1753544432" alt="Parabole du meublé de vacances pieds dans l'eau" title="Parabole du meublé de vacances pieds dans l'eau" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vangile_selon_Matthieu">Evangile selon Matthieu</a>  (7.21 24-29) <br />  « L’homme prévoyant a construit sa demeure sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison&nbsp;; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. <br />  … L’homme insensé a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison&nbsp;; la maison s’est écroulée et son écroulement a été complet&nbsp;». <br />   <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.rivistarobba.com/Parabole-du-meuble-de-vacances-pieds-dans-l-eau_a469.html" />
  </entry>
</feed>
