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Les élections municipales de 2026 en Corse : une stabilité en trompe-l’œil ?




Durant plusieurs mois, les élections municipales ont suscité beaucoup d'attention en Corse, ce dont témoigne la forte participation citoyenne. Elles ont désormais livré leur verdict, et André Fazi cherche ici à en caractériser leurs enseignements généraux, lesquels vont bien au-delà de leur apparence globale de stabilité.



Gravure du XIX° siècle, Angleterre
Gravure du XIX° siècle, Angleterre
À ne considérer que les résultats finaux, les élections municipales n’ont pas bousculé les équilibres politiques en Corse. En termes de blocs, il n’y a ni grands gagnants, ni grands perdants. Si l’on regarde les 360 communes individuellement, on voit bien que – comme il est de coutume dans ce type d’élections – la stabilité est très largement dominante. Sur les 54 communes comptant plus de 1000 inscrits, quatre ont changé de majorité et de maire, et quatre autres ont conservé la même majorité (au moins dans l’ossature) mais changé de maire.
2014 avait notamment marqué un basculement à Bastia et Ajaccio, tandis 2020 vit la défaite de majorités très enracinées à Porto-Vecchio et Biguglia. En 2026, le changement le plus significatif est probablement la victoire d’une liste conduite par un indépendantiste, Paul-Félix Benedetti, à Sartène. Cependant, on rappellera que si cette dernière est symboliquement majeure, au moins par son statut de sous-préfecture, elle n’est que la dix-huitième commune de Corse par le nombre d’inscrits.

La difficulté de s’engager


Plus embarrassant, sur ces 54 communes corses, censées – du simple fait de leur taille – être plus propices à la compétition entre plusieurs listes, seulement 24 ont connu une telle situation. Même si beaucoup d’équipes seules en lice ont fait l’effort de s’adresser directement aux électeurs, par exemple à travers des réunions de campagne, ce monopole ne favorise évidemment pas les débats contradictoires. Dans une société de plus en plus individualiste et consumériste, la question essentielle est sûrement celle des incitations à s’engager au nom de l’intérêt commun.
Car pour un opposant, il est impossible de lutter à armes égales contre une équipe et – surtout – un maire qui arpentent le terrain depuis au moins six ans, et ont donc normalement une connaissance plus fine des dossiers de la commune comme des attentes de la population. Ce qu’on appelle grossièrement le « dégagisme » est bien moins fréquent au niveau local qu’au niveau régional ou national.

Au contraire, la proximité permet souvent de redonner du crédit à des maires qui pourraient éprouver quelque gêne à se présenter de nouveau devant les électeurs. Être mis en examen pour des affaires gravissimes, ou même avoir été lourdement condamné, est loin d’être un handicap irrémédiable. Que penser du remarquable retour politique d’Alain Carignon, en tête au premier tour à Grenoble, alors qu’il avait été condamné en 1996 à cinq ans de prison – dont quatre ferme – pour corruption et abus de biens sociaux ? Que penser de ce maire, en Normandie, réélu sans opposition alors qu’il est mis en examen pour viol, proxénétisme et recours habituel à la prostitution de mineurs  ?

Du point de vue de la justice, il est impossible de mépriser la présomption d’innocence ou de surajouter des peines à celles déjà purgées. Mais du point de vue des citoyens, il paraît difficile de concilier l’exigence de probité des politiciens avec ces situations, heureusement assez rares, de blanchiment démocratique.
Nos sociétés pourraient renoncer à cette forme de droit de grâce, un droit qui est d’essence monarchique, et dont l’actuel président américain révèle bien les risques, au mépris total du principe d’égalité devant la loi. En définitive, les Français se satisfont bien plus facilement du bilan de leur équipe municipale que de celui du gouvernement national, ce qui explique en large mesure la stabilité générale. Et la Corse n’échappe évidemment pas à ce constat.


Pour parvenir à un certain équilibre, il est nécessaire non seulement que l’opposition soit unie mais que l’équipe en place soit divisée et/ou ait commis quelque grosse erreur. En l’absence d’opportunités de ce type, et face aux lourdes implications d’une campagne qu’il convient de lancer au moins six mois – idéalement six ans – avant l’échéance, il n’est pas surprenant que les prétentions des opposants ne soient pas toujours concrétisées par le dépôt d'une liste.

Une réforme controversée

Sur les 360 communes corses, 279 ont connu une candidature unique cette année, et on a vite fait de dénoncer la réforme du mode de scrutin, appliquant à toutes les communes françaises le scrutin proportionnel de liste avec prime majoritaire. Certains ont regretté le traditionnel panachage, affirmant qu’il se traduirait forcément par une moindre participation. D’autres se sont plaints de la difficulté de trouver des candidates en nombre suffisant.
En réalité, il y avait 271 communes non-concurrentielles en 2020, et la différence se révèle infime en ce qui concerne les communes de moins de 1000 inscrits. C’est, en apparence paradoxalement, dans les communes de plus de 1000 inscrits que les situations de monopole sont devenues plus fréquentes en 2026.

Les communes concurrentielles aux élections municipales de 2020 et 2026
  Municipales 2020 Municipales 2026
2000 inscrits et plus 20/26 13/26
1000-1999 inscrits 13/26 11/28
500-999 inscrits 16/36 19/40
300-499 inscrits 9/35 13/34
100-299 inscrits 27/146 20/146
1-99 inscrits 4/91 5/86
 
Pire, on trouvait déjà 243 communes non-concurrentielles en 1983. C’est un chiffre peut-être plus significatif encore, à une époque où il y avait souvent un peu plus de vie dans les petits villages, et où l’opposition gauche/droite (ou giacobbistes/roccaserristes) dans les conseils généraux était très structurante, incitant les oppositions à « tene i soii » et ne pas déserter les scrutins municipaux.

Quant à la participation, que d’aucuns escomptaient en nette baisse, elle s’est révélée très satisfaisante, quasiment 69% au premier tour. Rappelons qu’aux deux tours de la présidentielle de 2022, elle avait respectivement été de 62,7 et de 60,9%. La participation a été élevée y compris dans de nombreuses communes importantes et non-concurrentielles (77% à Monticello, 71% à Bonifacio, 70% à Calenzana et Santa-Maria-di-Lota, 67% à Propriano, etc.). 124 communes ont montré une participation de 80% ou plus ; 48 de 90% ou plus… En d’autres termes, en Corse, l’abandon du scrutin plurinominal majoritaire, avec panachage, n’a pas du tout eu les graves effets négatifs annoncés en matière de pluralisme comme de participation.
Il est vrai qu’au niveau national, on a enregistré autant de candidats (904000 contre 900000 en 2020), mais aussi une participation au premier tour en baisse de six points par rapport à 2014. Cependant, on ne parierait pas que cette réforme du mode de scrutin a eu plus d’impact que la situation de crise politique et les évolutions des formes de sociabilité. La proximité est présentée comme « valeur-refuge », mais elle régresse y compris dans le rural. Dans les villes de plus de 50000 inscrits, où elle est forcément bien moindre, la participation est de seulement 54,15%. C’est neuf points de moins que dans celles de moins de 1000 inscrits, où l’on rencontre pourtant 78% de listes uniques… Depuis 2014, la hausse de l’abstention en France ne concerne pas, loin de là, que les municipales. Envisager d’autres changements paraît donc souhaitable.

Une réforme à prolonger

Rien d’étonnant à ce que des élus et électeurs regrettent un dispositif qu’ils ont connu et pratiqué durant des décennies, et qui leur donnait des libertés supplémentaires, notamment celle de ne présenter que des hommes s’ils le jugeaient bon. D’ailleurs, la plus grande contrariété n’a vraisemblablement pas été la fin du panachage mais l’obligation de demander à des conseillers municipaux attachés à leur fonction de se retirer au profit de femmes.  
Rappelons aussi que ce panachage permettait des jeux politiques pernicieux. Dans certaines communes où une seule liste était présentée, les anciennes rancœurs et/ou les calculs politiciens pouvaient produire des résultats humiliants pour une partie des candidats, laissant difficilement prédire une bonne ambiance de travail. Parfois, les plus mal élus, issus de l’ancienne opposition, ne recueillaient même pas les deux tiers des suffrages des mieux élus.

Il est à noter qu’afin de limiter les éventuelles difficultés dues au déficit de candidats ou candidates dans les communes de moins de 1000 habitants, il était possible de présenter une liste comptant deux candidats de moins que l’effectif normal du conseil. En d’autres termes, dans les plus petits villages on pouvait présenter une liste de cinq candidats seulement, et cela n’empêchait pas de gagner l’élection et d’être majoritaire au conseil grâce à la prime. Gérer une très petite commune n’exige probablement pas l’implication maximale de sept personnes. Pour la petite histoire, lors de la Révolution, le « corps municipal », maire inclus, des communes de moins de 500 « âmes », ne comprenait que trois membres.
En 2026, sur les centaines de communes concernées en Corse, je n’en ai trouvé qu’une où l’effectif normal ne soit pas atteint, et où le conseil municipal ne compte donc que cinq élus. Cela signifie qu’il n’est toujours pas insurmontable de trouver quatre hommes et trois femmes (ou le contraire) pour siéger dans un conseil municipal. Du reste, si tel était le cas, il s’agirait plutôt de s’interroger sur la viabilité politique des communes concernées.

On doit évidemment regretter que cette réforme du mode de scrutin ait été adoptée moins d’un an avant la tenue des élections, générant un sentiment de brutalité qui aurait pu et dû être évité. Il n’empêche que cette réforme avait une justification encore bien plus importante que la féminisation des conseils municipaux : favoriser la présence d’une opposition au sein de ces derniers, et donner ainsi une forme institutionnalisée et régulière à l’échange démocratique.
Avec l’ancien système, si les candidats de la liste A obtenaient tous 100 voix, et les candidats de la liste B tous 99 voix, la liste B ne remportait aucun siège. Il s’agit là d’une hypothèse extrême, mais qui ne pouvait être exclue. Dans les faits, il était fréquent qu’une liste représentant plus de 45% des voix n’obtienne aucun élu. D’un point de vue démocratique, c’était calamiteux à plusieurs titres. D’une part, cela pouvait priver de représentation une part très importante des électeurs. D’autre part, seule la victoire finale ayant une réelle valeur, cela incitait les opposants ne pouvant y prétendre à ne pas se présenter, ou favorisait les affrontements claniques et brutaux.

On regrettera ainsi que la réforme n’ait pas mis fin à ce qu’on doit appeler – petit hommage à Lionel Jospin – une autre « anomalie démocratique » française, à savoir la prime majoritaire de 50% des sièges qui est attribuée à la liste arrivée en tête. C’est d’autant plus regrettable que la réforme du mode de scrutin de Paris, Lyon et Marseille a réduit cette prime à 25%, à l’instar des régions continentales.
Une liste obtenant 51% des suffrages a-t-elle un besoin impérieux de disposer de plus de 75% des sièges ? Des élus d’opposition n’apporteraient-ils pas plus de contrôle et de richesse dans des séances souvent monotones, où de nombreux conseillers de la majorité – par timidité et/ou hyper-loyauté vis-à-vis du maire – ne prennent jamais la parole ? Croit-on vraiment que l’on rend l’action publique plus juste et efficace lorsque l’on fait des économies sur le pluralisme et la délibération ? 

Il faut se féliciter que l’opposition puisse suivre les affaires de l’intérieur dans les petites communes et s’exprimer lors des conseils municipaux, mais on peut aussi souhaiter du courage à ces opposants. Dans les communes de moins de 100 habitants, dont le conseil compte sept membres, la liste qui perd par 49% contre 51% n’a qu’un élu contre six.
Or, les acteurs qui ont profité et profitent de ces super-majorités ne s’empressent pas de les dénoncer, et vu qu’on en trouve dans tous les partis, il serait hasardeux de parier sur une évolution rapide. Y réfléchir n’en est pas moins souhaitable, d’autant que selon l’ultime enquête du CEVIPOF, seulement 16% des Français considèrent que la démocratie fonctionne bien en France.

Un faible nombre de surprises

Comme indiqué précédemment, sur les 54 communes corses de plus de 1000 inscrits, quatre ont changé de majorité et donc de maire. Quatre autres, dont Bastia, ont changé de maire sans changer l’ossature de la majorité. Cela fait bien peu, et on relève en outre que les quatre basculements ont été très largement favorisés par les faiblesses des majorités sortantes :
 
  • à Cargèse, le maire sortant avait choisi de se retirer, alors que la liste unique qu’il conduisait en 2020 n’avait motivé que 37% des électeurs de la commune.
  • à Morosaglia, l’élection de 2020 avait été serrée (52,5/47,5) et certains membres de la majorité avaient ensuite rejoint l’opposition.
  • à Zonza, la liste de Nicolas Cucchi avait accédé au pouvoir en 2020 par seulement 13 voix d’avance, et elle n’a jamais pu consolider sa position.
  • à Sartène, le décès du maire Paul Quilichini, en février 2025, avait donné lieu à une rocambolesque querelle de succession. Le premier adjoint Bertrand d’Ortoli devint maire au bénéfice de l’âge face au frère du défunt, mais refusa ensuite de conduire une liste en 2026.

S’il ne fallait retenir qu’une seule de ces 360 élections, c’est probablement celle de cette dernière commune que l’on choisirait. Pour la première fois, une commune de cette importance sera dirigée par un militant indépendantiste, Paul-Félix Benedetti. On observera donc avec attention comment le leader de Core in Fronte, mouvement essentiellement connu pour ses actions et discours contestataires, exercera cette fonction de maire à la tête d’une coalition plurielle, a fortiori dans une ville profondément marquée par les affaires criminelles depuis vingt ans.

Cela ne signifie pas qu’il ne s’est rien passé dans les autres communes, et particulièrement dans les deux plus grandes. Malgré des défections de chaque côté, Stéphane Sbraggia et Gilles Simeoni étaient présentés comme les favoris. Pourtant, bien qu’incontestables, leurs victoires respectives, avec respectivement 46,5 et 44,5% des suffrages exprimés, sont loin d’être triomphales. On dit que seule la victoire est belle, mais toutes les victoires ne se valent pas.
La très large union réalisée à Bastia derrière Julien Morganti recueille 41,69% des suffrages, et on doit rappeler que son leader s’était très soigneusement préparé depuis six ans. Quoique légèrement inférieur (40,85%), le résultat de la liste nationaliste menée par Jean-Paul Carrolaggi est encore plus surprenant, puisque la démarche ne fut présentée qu’en décembre dernier, et n’unissait même pas l’ensemble des organisations nationalistes.
Dans un contexte de désenchantement et de profondes divergences internes pour le nationalisme corse, combien d’observateurs auraient parié sur un tel résultat il y a six mois ? Il y a sûrement là un enseignement majeur : malgré ses divisions et ses difficultés à atteindre ses objectifs stratégiques, le nationalisme corse conserve une force militante et un potentiel électoral élevés.

De façon plus générale, ces élections municipales confirment une tendance à la normalisation de tendances politiques autrefois jugées très/trop subversives. On a parlé de l’indépendantiste Paul-Félix Benedetti, mais cela concerne aussi la droite radicale. Si l’on prend pour référence les législatives de 2024 et l’alliance réalisée en 2026, les résultats des listes de Nicolas Battini et de François Filoni peuvent paraître décevants. Au premier tour, le premier a recueilli 2372 voix à Bastia, contre 3425 au peu connu Jean-Michel Marchal en 2024, et le second 4304 voix à Ajaccio, contre 7616 pour les candidats RN en 2024. Au demeurant, le contexte des législatives de 2024 était incroyablement favorable au RN, les municipales sont une élection beaucoup plus compétitive, et la progression est néanmoins très nette par rapport aux municipales précédentes.

Ces élections confirment aussi les difficultés de la gauche en Corse, du moins celle qui ne situe pas dans le champ du nationalisme. On peut dissocier trois pôles aujourd’hui très distants, entre lesquels la convergence est difficilement envisageable. 1/ les traditionnels partis, PS, PCF et PRG, qui ne parviennent manifestement pas à se renouveler et retrouver de la dynamique. 2/ les nouveaux venus, tel Sacha Bastelica à Bastia, dont le volontarisme est indéniable mais qui ne disposent pas ou pas encore d’une structure efficace et d’une notoriété suffisante. 3/ les maires de communes importantes, comme Jean-Charles Orsucci ou Marie-Hélène Padovani, dont l’assise électorale est tout aussi indéniable, mais se consacrent essentiellement à leur commune en montrant une grande autonomie vis-à-vis des structures. Même s’il ne faut pas y voir une dimension idéologique saillante, dix des trente communes corses comptant le plus d’inscrits sont dirigées par des maires de sensibilité de gauche. Il y a donc là un enjeu politique et électoral majeur.

Et demain ?

Souvent, les municipales ne sont analysées qu’à l’aune des scrutins futurs, comme si elles n’étaient qu’une sorte de hors d’œuvre voire d’amuse-bouche avant les vraies grandes échéances. Au niveau national, tout le monde paraît rivé sur la présidentielle de 2027, tandis qu’en Corse on parle plutôt des élections législatives de 2027 mais surtout des territoriales de 2028. L’essentiel ne se situerait donc pas tant dans leurs impacts directs sur les communes et intercommunalités que dans leurs présumés effets secondaires sur les équilibres politiques généraux.
Il s’agit là d’une tendance irrépressible mais non moins regrettable. On peut concéder que les programmes municipaux sont souvent interchangeables, que la compétition politique municipale est plus fortement influencée par les oppositions personnelles, et que la réalisation des projets municipaux est trop dépendante du soutien financier d’autres institutions.

Au demeurant, les élus municipaux sont plus accessibles et les enjeux municipaux plus sensibles pour une grande majorité de citoyens. Cela explique que les institutions municipales soient de très loin celles en lesquelles ils ont le plus confiance aujourd’hui, et que les élections municipales connaissent la participation la plus élevée après les présidentielles en France. Pour la Corse, c’est encore différent : en termes de participation, les municipales sont incontestablement l’élection-reine.


Les communes exercent bien sûr des compétences cruciales, concernant directement chacun d’entre nous : urbanisme, aménagement de l’espace, écoles, logement, action culturelle et festivités, etc. Cependant, c’est de façon plus générale leur proximité qui fonde leur importance. Dans de très nombreuses communes, le maire apparaît comme l’unique service public local, ce qui explique en bonne partie la profusion de sollicitations qu’il reçoit. Ainsi, plus de la moitié des Français ont déjà personnellement rencontré leur maire durant les cinq dernières années, même si le pourcentage est de 79% pour les communes de moins de 1000 habitants, mais seulement de 28% pour celles de plus de 100000 habitants.

En somme, l’élection des conseils municipaux, lesquels élisent ensuite le maire, devrait être d’abord considérée pour ses implications directes : leur composition et celle des conseils communautaires, puis l’élection des maires et présidents d’intercommunalité. Même si les échéances postérieures peuvent influencer le choix de certains citoyens, la majorité est principalement guidée par la dimension municipale. Malgré sa sensible progression, on a bien vu que le RN est resté bien éloigné de sa représentation nationale, et qu’inversement des partis comme LR et le PS sont plus influents au plan local qu’au plan national.


Malgré cette autonomie des enjeux municipaux et la stabilité générale des rapports de forces, on peut évidemment s’interroger sur les futures élections, sénatoriales, législatives et territoriales. La position dominante du parti de Gilles Simeoni, Femu a Corsica, déjà mise à mal par la perte d’un siège de député en 2024, semble difficilement pouvoir être confirmée, d’autant que Gilles Simeoni lui-même a fait le choix d’abandonner la présidence du conseil exécutif de Corse au profit de la fonction de maire de Bastia.
Par conséquent, des recompositions et nouvelles alliances seront assurément discutées, mais rien ne permet de croire qu’elles seront le simple prolongement des municipales. Beaucoup semblent d’ores et déjà annoncer un combat entre une alliance Femu a Corsica/Core in Fronte et une alliance entre le PNC et la droite modérée. Remarquons, pour le moins, que chacune de ces alliances supposerait la résolution de contradictions programmatiques importantes, voire cruciales. En d’autres termes, le chemin sera long, et il faut souhaiter que cela n’affecte pas négativement l’investissement de ces acteurs dans les fonctions locales pour lesquelles ils viennent d’être élus ou réélus.

 
Dimanche 29 Mars 2026
André Fazi


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