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Durant le XIXe siècle, scientifiques et médecins ont cherché à faire de l'observation des êtres "anormaux", ou monstres, une véritable science: la tératologie. Ce qui ne pouvait être que l'œuvre de quelque démon devenait un objet d'études à documenter aussi précisément que possible, devant faire l'objet de tentatives d'explications rationnelles. C'est ainsi que dans les années 1870, le médecin sartenais Jean-Paul Alfonsi invitait non seulement les meilleurs spécialistes mais l'ensemble des habitants à venir observer un très étrange nourrisson dénommé Barbarina.



Albrecht Dürer
Albrecht Dürer
Il s’agit d’un discret trésor extrait du site Gallica, bibliothèque numérique de la BNF (Bibliothèque nationale de France) : prospectus (en format in 8° – imprimé verso), daté de 1878, situé à Sartène et imprimé à Ajaccio. Il est signé Jean-Paul Alfonsi, médecin trentenaire au profil des plus légitimes.
L’entrée bibliographique sous laquelle son texte classé est Tératologie (i.e. science des monstres et des anomalies physiques). Qu’en est-il donc ? À lire.
Sous un titre accrocheur (Miracle) et ses deux points d’exclamation, ce petit document éveille l’intérêt.

Auteur du document, Jean-Paul Alfonsi, né à Sartène le 21 juillet 1846, précise bien qu’il signe en tant que docteur en médecine. Et, à ce titre, il est bien diplômé de manière adéquate. Il est tout à fait dans la norme. L’archive le confirme [1]. Il peut s’en prévaloir, malgré l’extravagance de ce dont il informe – dans un style impeccable qui soutient l’intérêt.
 
Merveilleux nom d’enfant – Barbarina – et symptôme jamais relevé : sacré défi porté au positivisme médical.
Le médecin fasciné entend le faire connaître. Curieuse situation et forte initiative :
« On peut voir l’enfant avec sa plume, depuis huit heures du matin jusqu’à huit heures du soir. »
Appel lancé vers un public susceptible d’être transporté par l’étrange – en un instant précieux de tératologie – cette science des monstres et des pas de côté très en vogue au XIXe siècle.


[1] Thèse de médecine de Paris n°28 – Paris, A. Parent, 1876 : De la gastrectasie [i.e. dilatation de l’estomac]
Ce travail, sobrement dédié « À la mémoire de ma mère », il est d’ailleurs possible d’en prendre connaissance – aujourd’hui même – grâce aux collections de la bibliothèque de l’Université Paris Cité.
Nota : « La BIU Santé conserve l’ensemble des thèses de médecine soutenues à Paris depuis 1539. »


 

Vendredi 30 Octobre 2026
Paul Dalmas-Alfonsi


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