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La Corse au miroir du rap



On n'associe guère le rap à la Corse. Ce genre musical, issu des cultures urbaines newyorkaises pourrait sembler loin, voire aux antipodes de la tradition du chant insulaire. Eppuru ! Le rapport aux textes et à leur scansion, l'expression des colères sociales et l'exaltation des figures de rebelles laissent percevoir des liens moins ténus qu'il n'y paraît. Pierre Mantovani, étudiant en histoire, développe ici ces liens, où la Corse et des Corses s'hybrident à la faveur de nouvelles réalités sociales. Entre marges et star-système.



photogramme du clip de Beli Blanco feat Alpha 5, France
photogramme du clip de Beli Blanco feat Alpha 5, France
« Ils refusent de reconnaître qu'en ce siècle, les rappeurs sont les héritiers des poètes » 
Kery James & Charles Aznavour – A l'Ombre du Show-Business, 2008
 
Le rap est une forme musicale d'expression populaire qui remonte aux années 1970. Il s'est développé lors des blocks parties, ces fêtes auto-organisées par de jeunes Afro-Américains, qui installent des platines DJ en bas des immeubles délabrés du South Bronx à New York et dansent toute la nuit. Ces fêtes vont prendre une dimension plus spécifiquement novatrice dans les années 1970 avec la fondation d'un style musical, le rap, partie prenante d'un mouvement culturel plus large (le hip-hop) qui comprend également le DJing (avec le scratch), le breakdance (danse) et le graffiti.

Au commencement

En août 1973, DJ Kool Herc, d'origine jamaïcaine, organise une block party lors de laquelle il effectue une performance remarquée. Ne se contentant pas de « passer des disques », il isole un solo de batterie dans plusieurs morceaux de funk, parmi lesquels Funky Drummer de James Brown. Il réalise alors un « break » (solo de batterie) propice au breakdance et au rap, cette scansion en rythme sur une boucle de percussions ornée d'une mélodie qui puise à la fois dans la funk, la soul et le catalogue des musiques afro-américaines du XXe siècle à l'aide du sample, mais aussi le registre des musiques électroniques en plein développement à l'époque, notamment le groupe allemand Kraftwerk et l'usage des synthétiseurs directement par les compositeurs des instrumentales de rap.
Les premiers rappeurs sont des MC (Maîtres de cérémonie) qui animent les block parties tout d'abord par des phrases du style « est-ce que vous êtes chauds ce soir ? » puis les perfectionnent avec des figures de style, des rimes, émanant de l'art vocal populaire afro-américain qu'incarnaient déjà dans les années 1950, The Last Poets, et que certains musicologues relient aux griots, ces conteurs d'histoires d'Afrique de l'Ouest.

À sa création, le rap est donc festif et musical avant tout et constitue un moyen d'expression valable pour tout type de message. Cependant, il est tout fondamentalement une forme d'art qui émane d'un contexte social, le ghetto afro-américain qui va profondément influencer le développement de ce genre musical.
Ainsi, on retrouve comme premier succès commercial Rappers' Delight  (1979) du Sugarhill Gang, interprété par un véritable « boys band » de rappeurs rassemblés par une maison de disque. Ce style funk, festif et léger va se prolonger dans le rap dit « commercial » de MC Hammer (paradoxalement originaire d'un gang), Vanilla Ice et Will Smith, qui donnera en France des morceaux comme Ces Soirées-là  de Yannick ou Bye Bye  de Ménélik, un rap accessible sans insultes.

Critique sociale et apologie des gangs

Mais, dès 1982, le raz-de-marée du morceau The Message  de Grandmaster Flash and the Furious Five porte aux nues un rap social, porteur d'un regard très critique de l'état de crise du ghetto et de la société américaine. The Message, sans prôner un engagement politique disons partidaire, peut être considéré comme pionnier du « rap conscient » qui dénonce les injustices et les inégalités, un genre qui va particulièrement influencer le rap français des origines (les trois premiers groupes à vraiment s'imposer commercialement et durablement, IAM, NTM et Assassin, ont tous une dimension de rap conscient dans leur musique, ils sont forcément influencés par des artistes comme Public Enemy et KRS-One qui se sont engagés dans cette direction, de même que par les morceaux les plus conscients de Nas et du Wu-Tang Clan). On retrouve aussi une tendance dite « rap poétique » ou « spirituel » qu'on retrouve chez des artistes comme De la Soul ou A Tribe Called Quest, influencés par l'islam.

Dès 1986 et la sortie du morceau PSK du rappeur de Philadelphie Schooly D, on assiste au développement du Gangster-Rap, qui fait l'apologie des gangs et du mode de vie criminel, avec les énormes succès de Ice-T puis NWA (Dr Dre, Ice Cube, Eazy E, MC Ren, DJ Yella), Snoop Dogg, Tupac, Biggie (le black mafioso qui inspirera Oxmo Puccino en France avec l'évolution de ce dernier vers le rap poétique et la variété française), Mobb Deep qui forment le son qui s'impose comme le « son rap classique » à l'échelle mondiale, celui qui va inspirer le plus durablement les rappeurs partout dans le monde jusqu'à la Corse, et les super stars des années 2000 comme 50 Cent et Eminem puis Kendrick Lamar dans les années 2010 (où une autre influence venue du sud, la trap music de Gucci Mane, T.I., Young Jeezy puis Migos et Future, va exercer une influence encore plus nihiliste sur le rap mondial, bien que persistent des artistes qui tentent de mettre du sens dans leur musique, de Freeze Corleone à Limsa d'Aulnay, en passant par Lesram, Médine ou 404 Billy... le modèle économique actuel permettant d'être rentable indépendamment des maisons de disque avec une fanbase fidélisée localement et/ou via internet).

Le rap est donc une mouvance diversifiée et foisonnante, mais marquée par des fondamentaux dans un contexte social dur et une culture du bidouillage sonore, de l'innovation esthétique et de la débrouille qui expliquent ses développements ultérieurs, ses tendances dominantes et ce que certains identifient comme des contradictions quasi oxymoriques - notamment le rapport entre contestation sociale et enrichissement individuel.
Autant d'éléments qui influencent également le chjam’è rispondi entre Corse et rap.
 

Pionnier du rap corse, Beli Blanco

Pour tenter de dresser un panorama du lien entre la Corse et le rap, on commencera par présenter quelques rappeurs corses et fiers de l'être.
Le précurseur dans la revendication d'un rap corse est probablement Tsutone, qui prend en 2008 le pseudonyme de Beli Blanco (en référence au jeune voyou ambitieux et violent du film L'Impasse de Brian de Palma), originaire de Vezzani et résidant à Champigny-sur-Marne (municipalité dirigée de 1950 à 1975 par le corse Louis Talamoni).

Acteur de la diaspora corse d'Île-de-France, il s'inscrit dans l'école du rap de rue du 94 (dont le représentant iconique est la Mafia k1 Fry, un collectif associant souvent un discours disons « militant des quartiers » et une apologie esthétisée de la voyoucratie, ce qui n'est pas sans mener à des contradictions abordées de manière différentes par quelques membres illustres de ce collectif tels que Rohff, Kery James ou Rim'k).
Beli Blanco revendique fièrement son origine corse sans jamais l’opposer à son identité de banlieusard. Il a notamment réalisé un morceau intitulé France (2009) avec le rappeur indépendant d'origine sénégalaise, Alpha 5.20, assez célèbre pour ses CD vendus en grand nombre, directement au consommateur aux Puces de Clignancourt.
Dans son couplet, Alpha 5.20 n'est pas tendre avec les politiciens français :
 
« Stand de tir, je m'entraîne
Sur des effigies de Le Pen
Cramez le paquebot
Humiliez le nabot
Qui sentira la tate-pa comme à Waterloo ».
 
Dans ce titre, les deux artistes dénoncent le colonialisme français et lient les revendications anti-colonialistes corses, sénégalaises et maghrébines dans le refrain :
 
« A tous nos frères morts pour ta liberté
Enfant de la tess' [cité en verlan], lance le cocktail, maintenant la coupe est pleine
Sénégal, Corse, Afrique du Nord, les héros ne meurent jamais
Enfants soldats, enfants de la misère »
 
Le clip est sans concession dès l'introduction affichant une suite de messages :
 
« France
Les enfants des pays colonisés servirent de chair à canon
[image du monument au mort de Vezzani]
Chaque nom gravé dans le marbre de nos villages luttera contre l'oubli
[Une du Ribombu de 1996 faisant figurer un clandestin braquant la caméra avec son arme automatique]
Sans reconnaissance de nos droits nationaux, le pardon demeure impossible
[Image d'une manifestation nationaliste du 13 janvier 2007 à Bastia derrière le slogan « Resistenza »]
Nations sans Etat, Afrique, situation dans les banlieues,
[Image d'un enfant africain mal-nutri]
Le colonialisme comme origine du mal ».
 
La fin du clip rend « hommage à toutes les victimes directes ou indirectes de l'appétit colonial français » après un extrait de voix off qui rappelle l'envoi en première ligne des soldats corses, sénégalais et bretons par l'Armée française lors de la Première Guerre Mondiale.
 
À noter que Beli Blanco, sous le pseudonyme de Tsutone, avait déjà sorti un premier album en 2003 intitulé Une raison de plus  et qui comprenait notamment un interlude en hommage aux victimes de la catastrophe de Furiani et un morceau, Sò corsu, en collaboration avec le chanteur corse Michel Orso.
Dans une biographie de l'artiste qu'on peut retrouver sur un blog internet  dédié à la commune de Vezzani, Tsutone revendique « une des plus grosses ventes insulaires jamais réalisées » par son album et « une tournée de 50 dates à travers toute la Corse ». On retrouve ici un extrait d'un de ses concerts en 2003. Un documentaire est également paru sur sa musique en 2004, réalisé par Jean-Charles Marsily.

De nombreux autres rappeurs corses

Plus récemment, on peut citer ACP (Automatic Cartouche Pistolu) qui rappe en langue corse en utilisant l’auto-tune pour des mélodies planantes. Originaire d'un petit village de la vallée du Cruzzini, il s'est fait connaitre avec le morceau Pastore (2020) où il reprend en guise de refrain le cri des bergrs corses sous autotune avec une instrumentale inspirée de la trap music, ce qui produit un mélange pour le moins détonnant !
Il a aussi sorti le morceau Populu (2022) dans lequel il soutient Yvan Colonna, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi.
 
On doit encore citer le duo ajaccien Spiri2all, composé de Ashra et Sekor, qui a même fait l’objet d’article dans La Provence, ou encore le jeune artiste bastiais Nalla révélé par Arritti. Il y en a sans doute encore d’autres... 
Ces artistes mélangent introspection et des propos plus politique autour de l'indépendance qui revient décidément beaucoup parmi les rappeurs corses, autant comme conviction sincère que comme charge symbolique de rébellion, de contestation, qui s'inscrit dans les codes du rap.
 
Autre artiste particulièrement créatif et engagé, fier de son héritage familial corse et provençal, Zifsi/Sizif, du collectif Réplik2Parias (« Quand les paris répliqueront, ils penseront à s'armer »), qui propose, après une carrière d'une quinzaine d'années comme rappeur anti-impérialiste et révolutionnaire, des tutoriaux pour créer soi-même ses morceaux en intégrant des sonorités plus actuelles, tout en conservant ses convictions en faveur de l'émancipation des peuples et des travailleurs, notamment du peuple palestinien auquel il a dédié un EP en 2024.
Voici un de ses morceaux intitulé Lutte armée  paru en 2016 sur l'album « Borroka music : vol2 » (en référence à la kale borroka, une méthode de guérilla urbaine employée par de jeunes basques proches de l'ETA qui saccagent les distributeurs de banque et harcèlent la police lors des manifestations de rue, à la manière des Black Blocs).
La pochette est quant à elle à l'effigie d'un commando de l' IRA provisoire patrouillant dans les rues de Belfast en 1987.
 
Un autre de ses morceaux sur l'EP Palestine en 2024 : « De la mer au fleuve Jourdain  » (slogan historique des militants de la libération nationale de la Palestine affirmant la souveraineté du peuple palestinien sur sa terre historique).
Il a réalisé du rap-électro-house en provençal avec le morceau Pastiu.
Enfin, il a produit Scimità, un morceau en langue corse (ici la vidéo où il détaille sa méthode de composition, et là le post Instagram où il détaille son engagement et sa sensibilité de militant révolutionnaire anti-impérialiste proche de la pensée communiste, également indépendantiste corse et des Pays d'Oc - sa famille étant originaire de Corse et de Provence, né en banlieue parisienne et revendiquant fièrement son héritage banlieusard ainsi que sa foi musulmane.

Sans oublier les super-stars du rap français et leurs origines corses

Le plus célèbre des rappeurs d’origine corse est sans doute JUL alias Julien Mari, super star marseillaise, provençale, corse, française, européenne voire mondiale du rap. En 2020, il devient le plus grand vendeur de disque de l’histoire du rap français. En 2023, il dépasse les 7 millions d’albums vendus.
Né à Marseille, il est originaire de Cargèse par la famille de son père. Il grandit dans les cités de Marseille, d’abord Font Vert dans les quartiers Nord puis Saint Jean du Désert qu’il renomme Saint Jean La Puenta, dans les quartiers Est. On ne citera pas ici sa litanie de tubes mais plutôt ce morceau Aghju Capitu (2021) où il scande "indépendance" avec le drapeau corse accroché au mur de la radio Skyrock.
JUL revendique fièrement son origine corse dans ses paroles comme "Dans mes mains j'ai ma vie, dans mon cœur j'ai la Corse" dans Bobo au Corazon (2023) ou « Tête de corsico, j'traîne avec bicots, j'veux taxer la France comme l'a fait Nico » (décidément les rappeurs aiment Sarkozy !) et ils aiment également l'usage d'un langage cru, provoquant, y compris pour revendiquer ici un message anti-raciste de fraternité entre Corses et Maghrébins de Marseille comme ici sur ce morceau, datant des débuts de JUL en 2013, sur son premier album studio Dans ma paranoïa, morceau intitulé « Dans mon dél  » qui contient cette intro légendaire :
 
« Regarde comme on déboule
Taser collé aux boules
Ti'as reconnu ?
Sous la cagoule, c'est JUL ! ».
 
Déjà proche de son île, JUL va porter sa fascination pour la Corse à son paroxysme lors de son Stade de France le 26 avril 2025.
Premièrement, il décide d'une scénographie tout en symboles, véritable syncrétisme entre l'univers des cités HLM, sa propre personnalité et le décorum des conférences de presse des clandestins corses. Il monte sur scène vêtu d'un survêt motif treillis militaire et d'une casquette à l'envers avec lunettes de soleil, il est accompagné d'un hommeà sa gauche portant un masque d'extraterrestre « OVNI », le surnom de JUL pour célébrer son caractère atypique, et la bandera corse, et d'un homme à sa droite, portant la cagoule [décidément!] et un drapeau à écritures noires sur fond blanc à l'effigie de son label d'or et de Platine.
Il monte sur l'estrade accompagné du chanteur corse Marcu Antone Fantoni, à qui il offre sa première partie et avec qui, il a, depuis, enregistré un morceau intitulé Per l'éternità en décembre 2025) et il interprète le morceau Capata  en collaboration avec le chanteur corse Francè Zito.
 
Ce concert va faire beaucoup de bruit en Corse, suscitant des réactions tantôt hostiles tantôt enthousiastes, souvent amusées, jusqu'à ce que prenne position, sur Facebook, l'ancien dirigeant du FLNC dans les années 1980, Pierre Poggioli, avec les mots suivants : « Nous on est vieux, grincheux, dépassés.. d'un autre monde, d'un autre siècle.. on n'apprécie pas trop le Rap et autres tubes des jeun's.. on prefere les vieux airs et rythmes de notre jeunesse, mais il faut reconnaître, au-delà des goûts et des couleurs, que Jul rentrant sur scène, (au Stade de France, près de 100000 spectateurs!!) faisant un grand signe à ses origines avec un grand drapeau corse, c'est inattendu... c'est beau, ça a de la gueule, et ça nous plait.. bravo l'artiste.. et bravo au jeune chanteur corse Marcu Antone Fantoni. ».
 
Par la suite, JUL va également sortir en décembre 2025 un morceau avec I Muvrini intitulé A chacun sa victoire.
Il est intéressant de noter les propos de Jean-François Bernardini dans Corse-Matin en réponse aux réactions hostiles sucitées par la publication du morceau : «  Cette question [pourquoi avoir réalisé ce duo, NDLR] insinue une méfiance et un mépris que nous trouvons ahurissants. Notre société lègue à la jeunesse un monde désenchanté, où l’Organisation mondiale de la santé déclare la santé mentale défi planétaire. Dans un monde désaccordé, nous préférons ce pont entre générations, ce lien qui éclaire : tenons-nous, donnons la main. Nous acceptons le défi de la rencontre, sans avoir peur de rajouter notre crédibilité à la sienne, que nous respectons profondément. Si cette musique des jeunes incommode les oreilles adultes, elle est bien moins laide que le monde que nous leur léguons ».
 
Il est également intéressant aussi citer le duo PNL, composé des frères Tarik et Nabil Andrieu.
Ces derniers sont les enfants d’une mère algérienne et d’un père, René Andrieu, voyou pied-noir/corse, gros bras au service de Serge Dassault à Corbeil-Essonnes. Ils revendiquent davantage leurs origines algériennes mais ils n’occultent pas leurs racines corses et ne cessent de vanter la virilité de leur père. Dans Au DD, on les entend par exemple se définir « sang corse mélangé bougnoule », tandis que dans Tahia, le morceau composé pour la victoire de l'Algérie à la coupe d'Afrique de football de 2019, ils jouent avec les mots et scandent "C'est Alger, un peu trop corsé".
 
Enfin, on peut citer le rappeur marseillais Thabiti qui revendique sa double origine, comorienne et corse, dans son morceau Comorien corse.

Pour conclure cette première partie, on peut considérer que n'est pas un hasard si le premier rappeur corse à s'être fait connaître, Tsutone/Beli Blanco, est issu de la diaspora, tout comme le rappeur corse le plus célèbre, JUL, et le duo corse (ou corso-algérien) de rap le plus célèbre, PNL. La banlieue parisienne et les quartiers défavorisés de Marseille constituent des terreaux de transmission de la culture rap vers leurs habitants d'origine corse. Il ne s'agit pas d'une démarche « hors sol » mais cohérente où le rappeur est à la fois « corse d'origine » et « mec de cité » sans hiérarchiser les deux éléments constituant son identité.

Rappeur ayant « percé » plus récemment, ACP ne dit pas autre chose, lui qui a vécu à Marseille dans sa jeunesse avant de s'installer définitivement à Aiacciu, même si il inscrit davantage son rap dans l'insularité et porte un regard plus sombre sur cette réalité (avec l'usage du terme péjoratif « racailles ») : « J'ai beaucoup fréquenté les quartiers nord de Marseille, confie-t-il. Et j'ai vécu de près l'ambiance qui y règne. La drogue, les racailles et tout le reste. Mais c'est ce qui m'a forgé aussi. J'ai cette espèce de mélange entre une culture corse forte et ancestrale que j'ai vécue dans mon village et cette culture urbaine des barres d'immeubles. » (https://www.corsematin.com/article/corse/119213/acp-sinscrit-de-plus-en-plus-dans-un-rap-bilingue-et-engage).
Chez ces artistes, on retrouve un fort engagement politique sur des thématiques nationalistes corses faisant écho à un anti-colonialisme et un anti-racisme plus général, ainsi qu'un message d'amitié entre les peuples.

Le mois prochain, nous aborderons le rapport entre les rappeurs français et la Corse entre admiration et fantasmes.

 
Mardi 29 Septembre 2026
Pierre Mantovani


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